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Vos questions

Les réponses du Docteur Petit

Le conduit auditif est la voie d’accès au tympan, sur le plan physiologique et sur le plan chirurgical. Est-ce un accès aisé ? Lire la réponse

Non. L’accès au tympan, tant sur le plan physiologique que chirurgical, est parfois difficile. Ce problème est lié à la morphologie du conduit auditif caractérisée par une anatomie très complexe. En effet, le conduit est très tourmenté dans sa forme.
Dans un plan frontal, il est d’abord ascendant depuis le méat pour être ensuite descendant vers le tympan. Il possède, dans un plan horizontal, une forme en baïonnette allant d’abord vers l’avant, puis vers l’arrière, puis à nouveau vers l’avant jusqu’au tympan. Son diamètre s’amenuise depuis l’extérieur jusqu’à mi-parcours pour se réélargir ensuite jusqu’à la surface tympanique. Enfin, il est vrillé sur son axe depuis le méat acoustique jusqu’à la zone profonde.
L’ensemble de ces paramètres explique la présence de plusieurs segments et de plusieurs coudes, parfois très marqués, entraînant un accès très difficile au tympan. Cette anatomie compliquée vient également perturber l’élimination naturelle des sécrétions cérumineuses, allant même jusqu’à favoriser leur blocage au fond du conduit dès lors que les zones d’angulation sont plus prononcées.

L’approche histologique du revêtement cutané du conduit auditif externe permet de constater que cette peau est unique dans l’organisme. Pourquoi ? Lire la réponse

Cette peau est effectivement unique pour deux raisons principales. Si dans sa structure et dans sa fonction, elle est comparable à l’ensemble de l’enveloppe corporelle (présence de glandes sudoripares, existence d’un système pilaire à l’entrée du conduit, renouvellement cutané par desquamation superficielle en une trentaine de jours), elle s’en distingue pour deux raisons :

  • la présence des fameuses glandes cérumineuses qui sécrètent un cérumen d’abondance et de qualité variables
  • la capacité de la peau du segment profond du conduit auditif, très mince, quasi-unicellulaire et donc fragile, de se renouveler en éjectant latéralement, vers le méat acoustique, les cellules cutanées desquamées. Il y a là un phénomène d’auto nettoyage expliquant l’inutilité d’agir à ce niveau du conduit pour être « propre ».
    Cette capacité à s’adapter à sa situation très particulière sur le plan anatomique est tout à fait unique chez l’homme.

Le cérumen se prête à des critiques très variables. Ange ou démon, où est la vérité ? Lire la réponse

Il est difficile de faire entrer le cérumen dans une catégorie très mauvaise ou très bonne. Le cérumen possède des qualités indéniables sur le plan auriculaire par sa texture, par sa composition, par sa présence même. Il représente un système de protection de la peau et de la partie profonde du conduit auditif, y compris le tympan.
Cette qualité que l’on pourrait qualifier d’angélique devient un peu plus démoniaque dès lors que, pour une raison variable, le cérumen se transforme. Un excès de production devient problématique parce que l’encombrement du conduit provoque les inconvénients habituels (perte d’audition, sensation de gêne auditive, voire de douleur).
Par sa texture, il peut représenter également une certaine gêne connue dans les populations asiatiques où le cérumen est très sec et ne s’évacue pas très facilement.
Par sa viscosité enfin, il peut devenir gênant, puisque même s’il est de peu d’abondance, il peut venir se déposer à la surface tympanique et réaliser un véritable écran empêchant la progression normale du son.

Quelle doit être la fréquence de nettoyage d’un conduit auditif, et surtout avec quoi et comment ? Lire la réponse

La fréquence de nettoyage du conduit auditif varie selon l’individu et selon la qualité même du cérumen.
Il semble que la stimulation du système cérumineux, par un nettoyage trop fréquent, puisse favoriser une production plus abondante encore. Les risques liés au nettoyage doivent également être pris en considération pour ne pas entraîner des dégâts liés à un excès d’hygiène. La bonne fréquence pourrait se situer à un nettoyage une à deux fois par semaine, ce qui permettrait l’élimination de l’excès, sans altérer le bon fonctionnement physiologique de cette zone cutanée.
Il faut retenir que la zone de production du cérumen se situe à l’entrée du conduit sur une distance ne dépassant pas 1 cm de profondeur et sur une zone située au plafond et sur la paroi postérieure du conduit. Les glandes cérumineuses n’existent pas sur le plancher et la partie antérieure. Le bon geste consiste donc en un mouvement de rotation à partir du haut et vers le bas, en passant sur la paroi arrière du conduit auditif. Le geste est également effectué en allant à une très faible profondeur et en ramenant les débris cutanés et cérumineux vers l’extérieur. Les instruments adaptés à ce nettoyage sans risque sont nombreux. Certains instruments non traumatisants sont plus adaptés, en présentant par exemple une cupule favorisant la récupération et l’élimination des débris vers l’extérieur.

Chez l’enfant, quels sont les bons gestes d’hygiène ? Lire la réponse

Chez l’enfant, puisque la dimension du conduit auditif, et surtout sa forme, permettent un accès beaucoup plus aisé au tympan, les instruments de nettoyage sont donc potentiellement plus dangereux.
Les parois du conduit auditif chez l’enfant sont par ailleurs plus souples que chez l’adulte, puisque la structure cartilagineuse n’a pas acquis toute sa solidité et sa rigidité.
Ceci sous-entend que la peau du conduit auditif chez le nourrisson est plus fragile que chez l’enfant plus grand ou l’adulte. Il faut donc redoubler de prudence, pénétrer moins encore le conduit auditif et faire un geste extrêmement doux avec un instrument non agressif.

Des modifications cutanées chez le sujet âgé s’observent aussi au niveau du conduit auditif. Le port d’une prothèse auditive modifie t-il la donne ? Lire la réponse

La peau du conduit auditif chez les sujets âgés répond à des phénomènes de vieillissement dermatologique identiques au reste de l’organisme.
Il y a un phénomène d’assèchement et de tarissement des sécrétions. Le cérumen devient plus sec, parfois un peu adhérent et plus difficilement extirpable que chez l’adulte plus jeune.
Le port d’une prothèse auditive vient, par contact, favoriser l’accumulation du cérumen et empêcher son élimination naturelle.
Il faut donc, chez les sujets âgés, à la fois faire preuve de prudence dans le cadre du nettoyage pour ne pas agresser cette peau qui peut, plus que chez un sujet plus jeune, s’enflammer, voire s’infecter. Il faut surtout assurer un nettoyage rigoureux dès lors qu’un appareil auditif est en place, puisque le moindre obstacle entre l’appareil et le tympan peut générer des phénomènes d’inconfort à type d’effet Larsen ou de baisse de rendement du fonctionnement de l’appareil.